Interview de Thomas COMIN, Ingénieur en Radioprotection

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Quel a été votre parcours post BAC ?
J’ai passé mes 5 années d’études à l’université de Bordeaux de 2009 à 2014. J’ai suivi le cursus linéaire avec 3 ans de licence en physique fondamentale puis 2 ans de master pour finir avec la spécialité instrumentation nucléaire.

En quelle année avez-vous intégré le Master Instrumentation Nucléaire ? Pourquoi votre choix s’est-il porté sur cette formation ?
J’ai intégré le master dès le M1, en 2013.
C’était un choix facile, j’avais fait mes 3 ans de Licence à Bordeaux donc je connaissais bien l’université, je voulais travailler dans l’industrie nucléaire, j’habitais Bordeaux au moment de mon inscription donc j’ai pu joindre l’intérêt et la proximité pour me trouver dans un environnement de travail confortable. La famille et les amis sont des facteurs de réussite à ne pas négliger.

Quels souvenirs gardez-vous du Master Instrumentation Nucléaire autant sur le plan personnel que professionnel ?
Quand je pense au Master, ce qui me revient en premier c’est l’unité que l’on peut trouver dans cette formation. L’accompagnement par l’équipe pédagogique est très important pour nous guider vers le monde professionnel et le soutien mutuel entre camarades de promo fait vivre cette formation et fait grandir tout un chacun.
Je retiens que du positif sur ces deux années car il y avait un vrai bloc solidaire entre IN et CUCIPHY qui maintient la motivation à travailler malgré le rythme important.
Coté professionnel, ce master donne les armes pour arriver avec une théorie robuste à un poste. Néanmoins ça ne vous empêchera pas de vous prendre une claque les 3 premiers mois pour vous adapter à l’entreprise et son fonctionnement, et toutes les tâches qui vous seront confiées ! Oui vous aurez des responsabilités à assumer dès le 1er jour, mais n’ayez pas peur vous apprendrez vite à les maîtriser.

Gardez-vous contact avec d’anciens étudiants du Master ? Si oui, lesquels ?
Comme je disais avant, ma promo était très solidaire et la communication était optimale (dans l’université comme sur la place de la victoire !). Si je dois énumérer tous ceux avec qui j’ai gardé contact je n’ai pas fini ! Le monde du nucléaire est petit donc vous recroiserez quelques-uns de vos camarades… chez les concurrents ! J’ai moins de nouvelles avec les CUCIPHYstes par contre.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours professionnel depuis l’obtention de votre Master ?
C’est simple je suis arrivé chez ONET Technologies le 6 Octobre 2014 et j’y suis encore. J’ai fait 2 ans au poste de responsable radioprotection sur un chantier de démantèlement de 80 personnes. Dès le 1er jour j’étais l’unique référent en radioprotection et manager d’une équipe de 5 personnes. Puis j’ai fait mon expérience et on m’a proposé au bout de 2 ans de passer responsable de la radioprotection sur le secteur de Paris suite à une réorganisation interne. Aujourd’hui j’ai 12 personnes à ma charge, je gère la dosimétrie de 120 personnes et je suis un peu chargé d’affaire pour vendre des prestations de mesure nucléaire et de contrôles règlementaire en radioprotection.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées dans votre insertion professionnelle ?
Oups ! J’ai été trop vite dans mes réponses précédentes…
Comme je le disais je suis arrivé à un poste ou j’étais « l’expert » en radioprotection et que personne d’autre n’avait de notion approfondie. Pour écrire des documents techniques les premières fois je n’étais pas serein. Puis ça vient au fil du temps, j’ai pris de l’expérience et de la confiance.
Le plus dur point auquel je n’avais pas été formé, c’est le management et le relationnel. Gérer des gens plus vieux que soi avec plusieurs années d’expérience alors qu’on sort d’école il faut avoir du tact et de l’humilité. La personnalité prend le dessus mais il faut faire attention, surtout en fonction de l’interlocuteur car on peut parler à un ouvrier comme à un directeur.

Pouvez-vous nous décrire votre poste à ONET ? Votre poste actuel ?
Aujourd’hui je gère un service de 12 personnes composé d’ingénieurs et de techniciens spécialisés en radioprotection répartis sur 5 chantiers de démantèlement. Je dois organiser les plannings de chacun en fonction des demandes, répondre à des demandes techniques, assurer mes missions de PCR (Personne Compétente en Radioprotection), communiquer avec les clients, dénicher quelques affaires touchant la radioprotection industrielle, etc.

Parmi les villes/régions où vous avez pu travailler, dans laquelle avez-vous pris le plus de plaisir à vivre ? Pourquoi ?
J’ai travaillé à Cherbourg pour mon stage de fin d’études et aujourd’hui je vis à Paris. Chacune de ces villes à ses avantages : la mer et la tranquillité à pour l’une, la capitale et la vie animée pour l’autre. J’ai profité de chacun des instants avec les gens que j’ai rencontrés et les infrastructures à proximité car je sais que je ne vivrai dans aucune des deux dans 10 ans. L’Océan et le Sud-Ouest reste mon attachement premier, même s’il y a peu de nucléaire là-bas.

Quel est l’enseignant (ou élève) qui vous a le plus marqué ? Pourquoi ?
Jean-Christophe Delagnes. Ce monsieur est un génie mais piètre pédagogue, avec un caractère qui lui est propre. Il m’a pas mal évalué parce que j’ai fait plusieurs projets sous sa tutelle. Vu les notes je crois qu’il a apprécié mon travail et je pense que ce n’est pas rien. S’il lit cette interview je lui passe le bonjour.

Vous intervenez maintenant dans le master, quelles sont vos motivations à venir enseigner ? L’aviez-vous envisagé dans votre projet professionnel ?
Vous vous rappelez quand je disais que dès mon premier jour j’étais la parole ultime en ce qui concerne la radioprotection ? Eh bien ce bagage je l’avais. En revanche le contexte du démantèlement nucléaire pas du tout car nous n’avions pas d’UE avec des problématiques de démantèlement et il y a bien des différences avec ce qu’on nous enseigne (contraintes plus strictes que la règlementation).
Du coup je ne voulais pas qu’il y ait une autre personne dans mon cas et je voulais apporter une vision de ce qui se fait dans le secteur du démantèlement. Dans ce cours je partage surtout mon expérience et j’instaure un échange peut être plus facile avec vos question sur la vie professionnelle car je suis (encore) de la même génération que vous.

Quels seraient vos conseils pour un étudiant qui souhaiterait intégrer le milieu de la radioprotection ?
Il faut bien savoir quel type de métier on veut faire en se lançant dans la radioprotection. Des études de cas sur un ordinateur via des modélisations ? Du terrain ? Du contrôle règlementaire ? Du management ? En industrie ? Dans le médical ? Les métiers dans la radioprotection changent du tout au tout en fonction des entreprises. Pourtant ce sont les mêmes bases.
C’est pourquoi il faut aussi être à l’aise avec la règlementation liée aux rayonnements ionisants. C’est lourd mais si vous la maîtrisez, vous maîtriserez votre job.

Pour finir, quel ancien étudiant aimeriez-vous voir interviewé ?
Je n’ai pas de nouvelles de Pierre Gillet. C’était un bon camarade de ma promotion et on a fait le même stage en milieu d’année de M2. Je me demande ce qu’il fait maintenant…

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